production 

le café de la fin du monde
© 2008 g y

dans le cas d’un naufrage et qu’on échoue aux villes sans y comprendre rien
qu’on croise au long des nuits aux pavés des impasses

qu’on pêche à la tendresse [car Il faut bien le faire]
pour ou bien pour ne pas penser au lendemain c’est là qu’on imagine

que le monde a un bout [comment peut-il en être autrement ?]
le monde a un bout ce bout est une escale

et entre deux corvées deux voyages salés
le marin fatigué s’accoude à des comptoirs ainsi qu’à un prie-dieu

au café de la fin du monde
j’y reviens souvent pour un oui ou pour un non


un foulard à la main une fille me regarde
elle fleure un parfum qu’un autre lui donna un soir de grand silence

je lui rends son regard tout en appréciant sans me faire d’illusions
le présent qu’elle me fait [qui ne lui coûte guère]

au café de la fin du monde
j’y reviens souvent pour un oui ou pour un non


alors ma pensée claire au-delà des verres vides et du monde et du reste
manoeuvre vers la rue traçant un long sillage

qui m’emporte chez moi aborder en sommeil
je ne comprends pas mieux [j’aurais grand fort à faire] mais je suis plus heureux

et parmi les rafales contre le ciel qui gronde
je hurle pour moi seul un cantique effrayant [les filles de lorient]

au café de la fin du monde
j’y reviens souvent pour un oui ou pour un non

 
g y, chant, mandoline, paysage sonore
gilles chabenat, vielle à roue
yannick hardouin, piano, basse, percussions, chœurs
gildas arzel, pedal steel guitar, chœurs
yannick cluseau, percussions
julien biget, chœurs
pierre flandin, christophe pereira, trompettes
philippe chadel, trombone
vincent bellier, trombone basse
 
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